Les distances sont parfois longues à Cuba. D'autant plus que, même si la plupart des routes sont en bonne condition, elles traversent de petits villages où vous devrez ralentir; il n'y a que très peu de routes comportant des voies pour dépasser. Aussi est-il important de bien planifier son itinéraire.
L'avion
L'avion est sans doute le moyen de transport le plus efficace pour des trajets nationaux de longue distance sur le territoire cubain, et les prix, en dollars américains, sont plutôt abordables. Vous pouvez acheter vos billets quelques jours à l'avance ou même la veille dans les agences de voyages ou aux bureaux de Cubana de Aviación.
La compagnie de charters Aerotaxi (102 Calle 27, entre Calles M et N, Vedado, La Havane, 33-4063) propose aussi de nombreux vols quotidiens vers les principales destinations touristiques du pays. Aerotaxi dispose de biplans pittoresques. Vous pouvez réserver des sièges individuels, ou même louer un avion complet de 12 places pour environ 500$ par jour.
Le train
Le réseau ferroviaire dessert la très grande majorité des villes du pays. Le train est un moyen de transport agréable à Cuba, bien que généralement plus lent que l'autocar. Les retards sont fréquents, et même parfois les départs se font avant l'heure! Il n'en demeure pas moins que le train peut être une expérience unique. L'achat des tickets est plus simple que dans le cas des autocars, puisque la vente, dans les grandes villes, est gérée par une firme privée, le Grupo Ladis. Les tarifs sont affichés en dollars, et vous pourrez généralement vous procurer des tickets la journée précédant votre départ. Cependant, certaines petites villes proposent toujours la vente de tickets en pesos, ce qui vous permettra d'obtenir des tarifs beaucoup moins élevés. Partout au pays, particulièrement à Santiago de Cuba, un marché noir de tickets de trains existe. Ce sont souvent les administrateurs mêmes des gares ferroviaires qui mettent en vente des tickets, en dollars, à la moitié du tarif régulier en dollars, mais toujours beaucoup plus cher que le tarif en pesos, normalement réservé aux Cubains.
Il y a plusieurs catégories de trains à Cuba, mais seuls les tickets des trenes especiales ou de primera especial sont vendus par le Grupo Ladis (Calle Arsenal, au coin de Calle Cienfuegos, La Havane, 61-1770) à l'intention des voyageurs étrangers. Pour obtenir des sièges dans les trains de segunda (deuxième classe), vous devrez jouer d'astuce et de chance, en espérant qu'un ami cubain se procure les billets pour vous. Les wagons de train primera especial et especial sont généralement climatisés.
L'autocar (guagua)
Les autocars, appelés guaguas par les Cubains (prononcer «oua-oua») sillonnent toutes les routes de l'île et constituent le moyen le plus économique pour se déplacer partout au pays puisque les tarifs sont toujours en pesos. L'achat de tickets peut cependant être un processus complexe, puisqu'il faut, dans les grandes villes, passer par des agences de réservation. Mais comme le veut l'adage cubain, «todo se resuelve» (tout se résout)! Le marché noir de tickets d'autobus est souvent géré par les administrateurs mêmes des gares routières, et il vous suffit donc de présenter un billet de banque américain pour obtenir rapidement une place dans un autocar. Les cars s'arrêtent fréquemment et offrent un confort rudimentaire. Il s'agit cependant du moyen de transport le moins coûteux de l'île.
L'automobile
Louer une voiture est la façon la plus efficace de visiter Cuba. Les voitures de location, japonaises pour la plupart, sont généralement en bonne condition. Les tarifs varient entre 50$ et 70$ par jour, en plus des assurances (15$). En outre, il faut avoir au moins 25 ans pour louer une automobile. Choisissez une voiture en bon état, de préférence neuve. Toutes les agences de location demandent des prix généralement équivalents. Au moment de la location, il est fortement recommandé de prendre une assurance automobile couvrant bien tous les frais que peut entraîner un accident. Avant de signer un contrat de location, veillez à ce que les modalités de paiement soient clairement définies. Lors de la signature du contrat, votre carte de crédit devra couvrir les frais de location et le montant de la franchise de l'assurance. Certaines cartes de crédit vous assurent automatiquement, mais vérifiez que la couverture offerte soit bien complète. Un permis de conduire valide de votre pays est accepté.
L'approvisionnement en essence n'est plus un casse-tête à Cuba pour les touristes, puisque des stations-service Cupet sont réparties sur tout le territoire cubain. Les Cupet sont modernes et vendent l'essence en dollars, à environ 1$ le litre. Le hic, c'est que les principales villes n'ont généralement qu'une seule station-service Cupet. Il faut donc, chaque jour, bien vous renseigner avant votre départ sur l'empla-cement de ces stations-service. La Havane est cependant bien pourvue en Cupet, et vous n'aurez aucun mal à vous y procurer de l'essence. Il peut arriver que l'on vous propose de l'essence sur le marché noir; sachez que cette essence est souvent mélangée à du pétrole et que, dans bien des cas, vous risquez d'avoir des problèmes de moteur.
Le code de la route et la conduite automobile
Les autoroutes et les routes principales sont généralement en bon état et bien revêtues. En outre, même si elles n'ont pas d'accotement, on peut y rouler à bonne vitesse puisqu'elles sont généralement vides, une minorité de Cubains seulement possédant une voiture. On rencontre tout de même, çà et là, des trous dans la chaussée. Voyager sur les routes secondaires demeure par contre une entreprise d'une tout autre trempe, plusieurs d'entre elles étant parsemées de trous de toute taille. On y circule donc lentement. Le long de ces routes se trouvent de petits villages que vous devrez traverser en prenant bien garde aux nombreux piétons et aux cyclistes. La signalisation routière est nettement insuffisante dans de nombreux endroits. Aussi, pour retrouver son chemin, il n'existe parfois pas d'autres moyens que de demander aux gens du village, qui répondent généralement avec beaucoup d'empressement.
La circulation n'est donc pas dense sur les routes de Cuba, sauf parfois à La Havane, notamment aux heures de pointe, où les voitures rivalisent avec des milliers de bicyclettes. Ailleurs dans le pays, on retrouve bon nombre de cyclistes, de calèches, de tracteurs et de piétons se faufilant dangereusement entre les voitures. Les règles de conduite élémentaires semblent parfois peu respectées, bien que la circulation soit généralement lente car beaucoup de voitures datent des années cinquante.
Du fait du manque d'éclairage et du manque de balisage des routes cubaines, il est fortement recommandé d'éviter de conduire la nuit. D'autant plus que, s'il survenait une panne, vous vous retrouveriez bien seul.
L'auto-stop est une pratique commune à Cuba, le covoiturage ayant été promu au rang d'obligation pour les conducteurs de voitures appartenant à l'État. Vous pouvez sans crainte vous arrêter sur la route pour prendre des auto-stoppeurs.
Les accidents
En cas d'accident, les policiers seront appelés sur les lieux pour faire un compte rendu des dommages. Lorsqu'il y a des blessés, toute personne témoin de l'accident devient un «témoin principal». Les démarches peuvent prendre jusqu'à 48 heures. Bien que cela arrive fort rarement, si vous êtes impliqué dans une telle histoire, ne vous inquiétez pas : vous n'avez qu'à être patient.
Le service à l'auto
Il est fréquent que de jeunes Cubains s'offrent pour surveiller ou laver votre voiture; parfois, ils le font sans même vous le demander. Tous s'attendent cependant à recevoir quelque chose pour leur boulot. En ce qui a trait à la garde de la voiture, même si vous ne désirez pas leurs services, il est préférable de leur donner un peu d'argent. Donnez 0,50$ pour une soirée de surveillance ou un lavage. Évidemment, il faut toujours payer en partant et non à l'arrivée.
La police
Le long de l'autoroute, des policiers sont postés pour surveiller les automobilistes. Ils détiennent le pouvoir d'arrêter toute personne qui commet une infraction au code de la sécurité routière, ou de simplement vérifier les papiers du conducteur. Les policiers ont désormais pour consigne de ne pas ennuyer les touristes. Parfois, ils vous arrêteront le long de la route, le temps de vérifier vos papiers. En règle générale, ils sont serviables et, si vous avez des problèmes sur la route, ils vous aideront.
La location de motos ou de scooters
Dans la plupart des lieux de villégiature, il est possible de louer une motocyclette moyennant de 3$ à 8$ par heure de location. On exigera que vous laissiez en dépôt votre passeport (ou une pièce d'identité valide), et parfois la présentation du permis de conduite sera obligatoire. N'oubliez pas que la conduite doit être prudente, car les automobilistes ne font pas toujours attention aux motocyclistes. Assurez-vous toujours de vous entendre sur le prix et sur toutes les conditions de paiement avant de partir avec le véhicule loué.
Le taxi
Des services de taxi sont proposés dans tous les lieux de villégiature et les villes de taille moyenne. Les voitures sont généralement de très bonne qualité. Dans tous les cas, les prix, en dollars uniquement, sont déterminés par un compteur.
Les taxis collectifs
Il existe des taxis collectifs offrant l'avantage de répartir le coût d'une course entre tous les occupants de la voiture, même si la destination de chaque personne varie. Ces taxis effectuent des trajets dans les grandes villes seulement et sont identifiés par un carton indiquant Taxi sur le pare-brise. Ils sont souvent en piteux état, la plupart étant des voitures américaines d'avant 1959, mais ils constituent une façon pittoresque de se déplacer en ville. Beaucoup moins chères que les taxis, ces voitures ne sont pas équipées de compteurs : les tarifs sont à la discrétion du chauffeur. Ne payez pas plus de 1$ par personne pour un trajet en ville.
Les taxis particulares
La crise économique au pays a favorisé l'éclosion d'un marché noir dans le domaine des transports routiers. De nombreux propriétaires de voitures, généralement issus d'emplois professionnels sous-payés, vous aborderont pour vous proposer un service de taxi urbain ou interurbain. Moins économiques que l'autocar, ces taxis permettent toutefois d'effectuer des excursions à moindre coût qu'une voiture de location. Tout au long de ce guide, vous trouverez des indications quant aux tarifs suggérés, ainsi que les endroits où vous pourrez trouver ce type de moyen de transport (dans bien des cas, les chauffeurs vous aborderont avant que vous n'ayez eu le temps de les trouver!). Négociez ferme le tarif proposé par le chauffeur puisque, pour les touristes, ils demandent systématiquement le double ou plus du tarif qu'ils accordent aux voyageurs cubains. Tâchez toujours de comparer le tarif demandé avec celui d'une voiture de location.
En général, ces voitures sont en piteux état, et vous prenez le risque de passer l'après-midi en bordure de la route plutôt qu'à la plage! Aussi, faites attention aux bagages dans le coffre de la voiture : à cause des problèmes d'approvi-sionnement en combustible, les Cubains transportent souvent de l'essence dans le coffre de leur voiture, provenant généralement du marché noir. Pour que vos objets personnels ne soient pas tachés d'essence, il est préférable de procéder à une petite inspection de l'endroit où vous les déposerez avant votre départ.
L'utilisation de taxis particulares, la plupart sans permis, est illégale, mais vous ne risquez rien. Ce sont plutôt les chauffeurs qui risquent une juteuse contravention (1 500 pesos).
L'auto-stop
Cuba constitue le paradis de la botella (auto-stop). L'auto-stop se trouvant élevé au rang de mode de transport public, une grande majorité de Cubains le font quotidiennement pour se rendre au travail. Pour remédier aux problèmes de transport, le covoiturage est devenu indispensable, et obligatoire pour les conducteurs de voitures d'État, lesquelles arborent une plaque d'immatricula-tion affichant le mot Estado. Les conducteurs de ces voitures doivent s'immobiliser devant les auto-stoppeurs pour demander la direction qu'ils prennent. Le meilleur moyen pour arrêter ces véhicules est de vous poster à des intersections où vous verrez un officiel portant un uniforme jaune. Appelés communément amarillos, ces représentants de l'ordre interceptent les voitures d'État ayant des sièges vacants.
Autrement, les voitures portant la plaque Particular sont de propriété privée. Leur conducteur s'arrête parfois devant les auto-stoppeurs; cependant, pour les touristes, on demande habituellement quelques dollars pour le trajet. Il est important de négocier un tarif fixe avant de monter.
À Cuba, les femmes pratiquent autant l'auto-stop que les hommes, parfois même davantage.